22 décembre 2018|Autrices, Lecture|4 comments

L'amour après
L’amour après

Résumé de la maison d’édition Grasset :

«  Le téléphone sonne. C’est Charlotte qui m’appelle d’Israël. Nous étions dans la même classe à Montélimar. Elle a été arrêtée après moi, mais je ne l’ai pas croisée à Birkenau.

—  Qu’est-ce que tu fais en ce moment  ? demande-t-elle.
—  Je travaille sur l’amour.
Un silence alors, comme si le mot amour s’égarait, se cognait dans sa tête. Elle ne sait qu’en faire.
—  L’amour au camp ou quoi  ?
—  Après les camps.
—  Ah, c’est mieux. L’amour au camp, j’en ai pas vu beaucoup.  »

Comment aimer, s’abandonner, désirer, jouir, quand on a été déportée à quinze ans ?
Retrouvant à quatre-vingt-neuf ans sa «  valise d’amour  », trésor vivant des lettres échangées avec les hommes de sa vie, Marceline Loridan-Ivens se souvient…
Un récit merveilleusement libre sur l’amour et la sensualité.

Libre !

J’ai pris ce livre, par hasard, à la bibliothèque de Saint Pryvé. Les bilbliothécaires l’avaient mis, à juste titre, en devanture. Le livre de Marceline Loridan-Ivens est dans le classement des 100 livres de l’année 2018 du magazine Lire décembre 2018 – janvier 2019 et c’est amplement mérité ! 

Je connaissais la silhouette de Marceline Loridan-Ivens et son amitié avec Simone Veil. Je savais qu’elles s’étaient rencontrées à Auschwitz. Je n’ai pas vu ses films.

Son livre est une ôde à l’amour et à la liberté. Elle souffle un vent de fraîcheur et me rappelle combien ma liberté en tant que femme est précieuse.

« Et je réalise la chance ou le talent que j’ai eus d’aller vers des hommes qui m’ont laissée libre et n’ont exercé sur moi aucune autorité. Ni mon mari conduisant des travaux au bout du monde, ni vous autres, amants intelligents et protecteurs dont j’ai voulu qu’ils m’apprenent en langage dont mon enfance et ma scolarité trop courte m’avaient privée, ne m’ont obligé à quoi que ce soit. Il n’y eut, après les camps, plus aucun donneur d’ordres dans ma vie.« 

En ouvrant sa « valise d’amour », elle en extrait les amours de sa vie. Elle raconte sa vie, la découverte des hommes et plus tard du plaisir.

Féministe

Je conseille la lecture de ce livre à toutes mes amies. Certains schémas paternalistes ont la vie dure, Marceline témoigne de son refus des conventions et ça fait un bien fou ! 

« J’ai cru comme elle au Prince Charmant, je l’ai espéré, plus on est libre, plus on entretien l’idée d’un homme idéal, on cherche l’âme soeur, pas le mari, c’est une longue quête où l’on s’enferme comme la bonne épouse dans sa vie rangée. Il ne viendra pas. Il n’existe pas. Il faut déserter les modèles, fuir leurs pièges, leurs barbelés invisibles. L’important, c’est d’avoir de l’air alors tout peut commencer. »

Jerusalem

L’incipit (première phase) du livre de Marceline est « J’ai perdu la vue à Jerusalem ». Elle m’a conquise de suite et ramenée à Jérusalem. Cette ville que j’aime tant. 

Je recommande la lecture de ce récit à tous. Le mots de Marceline m’accompagne dans mon quotidien. Je le relirai de temps en temps. A offrir !

L’épigraphe du livre est « La vie non vécue est une maladie dont on peut mourir …« . C.G. Jung

Recommandations littéraires

  • L’amie de Marceline : Une vie de Simone Veil
  • Une femme dans la création artistique des années 1910 : Gabriële de Anne et Clarie Berest (blog)
  • La vie romancée après la seconde guerre mondiale : Le dernier des nôtres de Adélaïde de Clermont-Tonnerre (blog)
  • La fuite du Docteur d’Auschwitz : La Disparition de Josef Mengele de Olivier Guez (blog)
  • Un beau témoignage sur l’amour : Veuf de Jean-Louis Fournier

La référence du livre


L’amour après de Marceline Loridan-Ivens

Editions Grasset

Le livre de poche

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