16 mars 2019|Autrices, Lecture|0 comments

Résumé de la maison d’édition Interfolio Livres :

La nuit de Noël 1994, Liv Arnesen foulait du pied le pôle Sud après 50 jours et 1.100 kilomètres de voyage en solitaire, devenant ainsi la première femme à atteindre le pôle Sud sans assistance. 

A première vue un défi et des difficultés impossibles à surmonter – pourtant, une fois entré dans cette histoire, le lecteur verra qu’il suffit de s’entraîner de façon rationnelle à les affronter physiquement, de planifier ses recherches de financement, de se préparer mentalement à faire face dans chaque situation à l’enchaînement des causes et des effets, quelle qu’en soit l’issue, échec ou réussite – et de faire ainsi d’un « rêve » un objectif.

Hors du commun, cet objectif ? Certes, mais pour quelques privilégiés ce n’est là qu’un petit détail.

Chronique

Opération Masse critique Babelio : 1 livre = 1 critique

En février, j’ai participé à l’opération Masse critique non fiction Babelio. Il s’agit de choisir un livre dans des centaines de propositions. Si le choix est validé par les équipes de Babelio, la maison d’édition envoie son livre au lecteur qui doit publier une critique positive ou négative dans les 30 jours sur le site internet.

Les opérations de Masse critique Babelio se déroulent généralement une fois par mois vers le 15. C’est toujours un mercredi. La liste de livres est très longue, il n’est pas toujours aisé de choisir.

La maison d’édition Interfolio Livres a envoyé le livre fin février et j’ai jusqu’au 30 mars pour publier la critique sur le site Babelio.

C’est la première fois que je participe à ce type d’opération et je suis ravie de mon choix. J’ai adoré Les filles bien ne vont pas au pôle Sud de Liv Arnesen.

Un modèle féminin

J’ai commencé ce récit après avoir terminé Les dévorantes de Marinca Villanova. J’étais plombée par sa lecture et par un épisode personnel peu glorieux. J’avais envie de me rouler en boule dans mon lit. Dès les premières pages du livre, Liv Arnesen m’a remise droite. Je me suis laissé prendre par son aventure extraordinaire : aller au pôle Sud en solitaire. Au-delà du récit de son exploit incroyable, elle partage ses pensées.

« Que mes hommes aient un temps libre palpitant, soit, c’était en quelque sorte parfaitement légitime, mais que moi je recherche ces mêmes sensations fortes, me transformait à leurs yeux en concurrence. Je n’ai jamais eu l’intention de les priver de leurs performances, j’estimais simplement avoir le même droit qu’eux à me mettre à l’épreuve. Je n’y pouvais rien si j’étais forte.

Tout le long de son récit, Liv Arnesen est un modèle de femme forte. Elle est inspirante. Elle donne envie de réaliser ces rêves et de ne laisser personne se mettre sur le chemin. J’aime lire ce type de témoignage car il me donne envie d’agir. Que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle.

Ce livre écrit, il y a plus de vingt ans, est bien plus qu’un ouvrage décrivant un exploit sportif dans des conditions extrêmes. C’est un manifeste féministe.
#GirlPower.

Le goût de l’itinérance

Liv Arnesen raconte dans son livre son goût immodéré pour la randonnée à skis en complète autonomie dans des endroits très reculés.

« Mais plus que tout, je crois que c’était l’idée d’être en route pendant tant de jours qui m’attirait. Randonner avec tout ce dont on a besoin : tente, nourriture, sac de couchage, réchaud et combustible, devoir me débrouiller avec des moyens simples. J’ai par la suite réussi à mettre des mots dessus : le sentiment de liberté. »

Je comprends ce besoin de faire son sac et de partir. Je ne fais pas de skis de randonnée mais j’aime éperdument marcher en itinérance. Partir d’un point A pour aller à un point B en plusieurs étapes. Je reviens d’une randonnée en itinérance dans le Sahara en complète autonomie avec un guide, un cuisinier, trois chameliers et huit dromadaires. Ce fut magique de marcher dans le désert pendant quelques jours.

Je partage son sentiment de liberté en ayant juste le nécessaire avec soi et l’immensité de la nature comme décor. Il est difficile de reprendre son quotidien après. Cette sensation de bien-être dans l’effort en se dépouillant du superflu. Il y a un moment où le cerveau se met eu rythme de la marche. Lire ce livre m’a donnée envie de mettre mon sac sur les épaules et repartir marcher dans l’Aubrac ou vers Saint-Jacques de Compostelle.

Le choix de partir à l’aventure

De plus, l’autrice donne les raisons de son choix de vivre des aventures difficiles. Elle estime : « Que j’ai fini par partir résulte de facteurs combinant mon enfance, mes influences, mes choix de vie et de réseau social à l’âge adulte, un vieux rêve de pôle sud, mon goût pour la pression physique et psychologique, pour les longues randonnées et mon adoration du ski de fond. »

Elle raconte sa préparation physique, en forêt à traîner des pneus pour se muscler le dos. Ensuite, elle nous embarque avec elle dans l’Antarctique : on est dans la tente quand elle se protège du vent, on est terrorisé quand elle est passe des crevasses, on a froid quand elle enlève sa parka pour commencer à skier et à tracter sa pulka (traineau). En symbiose avec le récit.

Et les angoisses ?

Enfin, Liv Arnesen aborde l’angoisse. J’ai eu l’impression que ce passage était écrit pour moi. Je suis soumise régulièrement à des crises d’anxiété que j’ai beaucoup de mal à les gérer. J’ai essayé plusieurs méthodes : la méditation, la sophrologie, … Faut-il mieux essayer de se dépasser et être sujet aux angoisses ou ne pas vivre ? Sa réponse m’a beaucoup aidée.

« Souvent les gens vivent comme s’ils n’avaient pas choisi leur vie, comme s’ils n’avaient pas la possibilité d’agir dessus. Ils restent dans une zone de sécurité, continuent de vivre avec leurs frustrations en croyant que c’est comme ça, la vie. De nombreuses personnes ont cette règle selon laquelle « on sait ce qu’on a, mais on ne sait pas ce qu’on perd », un adage qui peut vite devenir un oreiller sur lequel s’assoupir, et ces personnes gardent ainsi un emploi qu’elles n’aiment pas, demeurent dans des relations dysfonctionnelles, par peur de la nouveauté.

L’angoisse est faite pour être surmontée. « 

Je recommande la lecture de livre à tous. Le récit de son exploit est à lire et à connaître. C’est un livre engagé sur le féminisme et la réalisation de soi. Bravo Liv !

Le livre est très bien édité. La police de caractère et la mise en page rendent la lecture encore plus agréable. Merci Interfolio Livres pour la publication de ce récit !

Avez-vous lu et aimé ce livre ?

Pour en savoir plus sur le pôle Sud

Recommandations littéraires

  • un modèle d’aventurière : Wild de Cheryl Strayed (blog)
  • un aventurier tragiquement célèbre : Into the wild de Jon Krakauer et Into the wild : l’histoire de mon frère de Carine McCandless
  • Sur le GR 5 : La traversée des Alpes d’Antoine de Baecque
  • Un classique de la littérature d’aventure : Tragédie à l’Everest de Jon Krakauer
  • Un sommet himalayen : Annapurna, premier 8000 de Maurice Herzog

Les filles bien ne vont pas au pôle sud de Liv Arnesen aux éditions

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