A quelques jours de la rentrée, j’ai envie de retenir encore quelques instants la saison musicale 21/22. Une de mes plus belles saisons. La saison a commencé au Palais Garnier pour finir à la Philharmonie de Paris en passant par Bastille, l’Olympia, Radio France et le 1er étage de la Tour Eiffel ! Il y a eu de l’émotion, des orgasmes auditifs, de la déception, du plaisir, des découvertes, des rencontres, de l’ennui et beaucoup de joie !

Saison du plaisir et de la découverte

La saison a commencé, le 31 août, par ma première en tant que spectatrice au Palais Garnier pour la générale de 7 deaths of Maria Callas. Une déception, on ne va pas se mentir. Juste le plaisir de retrouver le public et de prendre le temps de revisiter l’opéra. Ce grand foyer sublime, cette salle mythique, le grand escalier. A chaque fois que j’ai la chance d’y aller, je pense à Marcel Proust et à Honoré de Balzac et sa canne aux turquoises. Titiou Lecoq y fait référence dans son livre Honoré et moi.

Un dimanche soir de septembre, j’ai continué avec l’hommage au chanteur Christophe à la Philharmonie de Paris. 4 heures de musique qui m’ont fait planer des jours entiers et ressentir de nouveau le plaisir du concert. De partager une émotion avec d’autres : la communion laïque, d’entendre de nouveaux les applaudissements après des mois et des mois de fermeture des théâtres.

Du classique,

Après les concerts de musique classique : Le Sacre du printemps du flamboyant Stravinsky, la 9ème de Beethoven, la 6ème de Bruckner… se sont enchaînés en alternance avec de l’opéra : La Khovantchina, Rigoletto, Elektra... Je ne pensais pas y être aussi sensible. La musique symphonique est ce qui me fait décoller le plus vite. Elle m’extrait de mes pensées incessantes. L’opéra, je l’aime quand le chœur porte et qu’il est sur la scène. Ce sont des sons qui me relient à mon enfance, mon père a écouté beaucoup de chants grégoriens.

Gustavo Dudamel

Gustavo Dudamel à l'Opéra de Paris

Puis, il y a eu la rencontre avec Gustavo Dudamel. Enfin pour moi, pas pour lui. (Je sais bien qu’il ne sait pas que j’existe). Tout l’hiver, j’ai saoulé mes collègues avec Gustavo. C’est devenu un jeu. Sa direction d’orchestre dans Turandot fût une très grande expérience ! Des vagues et des vagues de musique. Hâte de le retrouver à la rentrée dans Tosca.🤞 

Wagner

A la fin de la saison, en y allant sans élan, j’ai découvert que j’étais wagnérienne et ça je ne l’aurais jamais cru ! Comme quoi il faut sortir de sa zone de confort de temps en temps.  Le prélude de Parsifal est une des plus belles musiques entendues dans ma vie. Maintenant, mon neveu de trois ans le reconnaît et me dit en rigolant « et ton cœur se casse. Tata !« 

Orchestre Demos Europe

Dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, l’Orchestre DEMOS Europe est venu jouer à la Philharmonie de Paris le 26 février 2022. Cet orchestre est composé de jeunes de l’Union Européenne qui ont appris à jouer gratuitement d’un instrument de musique dans le cadre du programme DEMOS. Ce concert a été un des plus émouvants auquel j’ai pu assister dans ma vie.

Deux jours après la déclaration de guerre de Vladimir Poutine à l’Ukraine, écouter de jeunes musiciens issus des 27 pays membres de l’Union Européenne fut émouvant. Nous plongions dans l’inconnu avec cette guerre aux portes de l’Europe. La menace nucléaire était dans l’actualité. Nous étions fébriles et au bord des larmes d’entendre l’Ode à la joie, hymne de l’Union Européenne jouée et chantée par la jeunesse européenne.

Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa

Orchestre symphonique Kimbanguiste de Kinshasa

J’ai fini la saison avec l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste de Kinshasa à la Philharmonie de Paris. Assise au premier rang du parterre, j’ai été impressionnée par la maîtrise technique et musicale du plus grand orchestre symphonique d’Afrique. Une soirée joyeuse où l’orchestre a joué du Mozart et deux compositions du chef d’orchestre : Armand Diangienda Wabasolele et du 1er violon : Héritier Mayimbi Mbuangi.

Le film Kinshasa Symphony (2010) a permis de faire connaître l’orchestre au delà du continent africain.

Quelques flops…

Il y a aussi eu des flops, de l’ennui, des déceptions et des concerts ratés. C’est toujours un risque de prendre une place de concert. 

Là où je suis la moins fière est que je suis devenue exigeante alors que les orchestres sont très bons. Ce n’est pas la fanfare du bled d’à-côté. C’est peut-être aussi pour ça que je ne laisse plus la place à l’indulgence. Quand j’ai envie d’entendre une œuvre est que je la trouve ratée, je râle. Je n’aime pas ce trait de personnalité. C’est comme si je regardais Ronaldo et je ferais: « Argh, pouah« . Je ne veux pas devenir une mégère de concerts. de grands artistes

De grands artistes

J’ai aussi eu le plaisir de voir de très grands artistes comme Mika, Kery James et Birds on a wire

Mika Symphonique à La Philharmonie

Kery James

Kery James - Philharmonie de Paris

J’ai été impressionnée par la présence de Kery James sur scène. Dans son unicité, deux atmosphères : en costume, bien droit derrière un micro statistique et en jean, en mouvement micro à la main. Il fait partie de cette génération de rappeurs engagés. Ses textes sont d’une force sensible. Il décrit un quotidien éloigné du mien qui me touche. Il met sa rage en mots. Il évoque le racisme, la pauvreté, la banlieue, les violences policières… Il n’épargne personne et garde espoir. Sa diction parfaite et son flow au débit percutant donnent encore plus de force à son propos. Ébahie et émue en écoutant Lettre à la République, Banlieusards ou Le poète noir.

Birds on a wire

Birds on a wire

Quand on aime, on ne compte pas. J’ai vu deux fois le concert de Birds on a wire. Une fois à l’Olympia et une deuxième fois en famille dans ma province. Enveloppées dans deux grands châles sur leurs très belles robes en soie, Birds on a wire nous ont offert une veillée autour de reprises de chansons portugaises, italiennes, françaises, américaines arrangées et très incarnées. Leurs deux voix s’accordent parfaitement. La maîtrise impressionnante de son violoncelle permet à Dom de Nena de faire l’ensemble des sons jusqu’au chat en s’enregistrant au fur et à mesure du morceau. Elles s’accompagnent d’instruments et de percussions. La voix de Rosemary Standley est incroyable. Elle est la fois chaude, rocailleuse, aigüe puis grave. Je suis fan depuis Moriarty.

et la découverte de la danse

Cette saison a été aussi marquée par ma découverte des grands ballets du répertoire de l’Opéra de Paris. J’ai vu les deux grands ballets de Noureev : Don Quichotte et La Bayadère. Impressionnée par la beauté des spectacles. En les regardant danser, on a l’impression que c’est facile et indolore. Quelle prouesse physique et artistique. Voir un ballet est une des choses à faire au moins une fois dans sa vie.

Paris reste magique

Paris Tour Eiffel

Pendant le concert de l’Orchestre de Paris à la Tour Eiffel, avec mon voisin, nous partagions notre chance d’habiter à Paris et d’avoir un accès (et les moyens) à une très grande programmation musicale. Tous les soirs, nous pouvons aller voir un concert de rock, de rap, de musique baroque, classique, un opéra… Après des mois de fermeture, nous ne nous lassons pas de notre plaisir.

Pendant mes vacances au Pays Basque où c’est vert, calme, propre et tranquille, je me suis dit « Je serais bien là. Oui mais je m’ennuierai vite Rentrons à Paris. »

Malgré tous les désagréments que nous connaissons, vivre à Paris est un grand kif. Partez les gars, nous on reste. Allez, je reconnais que quelques jours par an, c’est un enfer de vivre ici Quand les nuits sont aussi chaudes que les jours et que la torpeur de la ville nous claque au sol. C’est arrivé trop souvent cet été.

Depuis deux mois, je n’ai vu aucun concert. Rien ! Pas même, un orchestre de rue, une fanfare, un DJ dans une boîte. J’ai bien sûr passé l’été à écouter de la musique mais pas de spectacle. Une de mes amies a récemment eu cette phrase étonnante : « Tu vas à des concerts toute l’année donc tu n’as pas besoin d’y aller en plus le week-end. » Hein ? J’ai pris mes abonnements,, je suis prête pour la rentrée musicale 22/23. Hop, hop, hop !

Bonne rentrée !

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