Mardi soir, j’ai assisté à la rentrée symphonique de la Philharmonie de Paris. The Philadelphia Orchestra dirigé par le canadien Yannick Nézet-Séguin a joué entre autres la 3ème symphonie de Beethoven.

Si tu tombes sur cet article par la magie de Google (merci le référencement), je te précise que je ne suis ni musicienne, ni musicologue. Je n’ai jamais joué d’un instrument de musique (le xylophone au collège, ça ne compte pas), ni suivi un cours de solfège de ma vie. Je partage ici mon ressenti d’amatrice de musique classique. Mon idée est de partager mon enthousiasme pour faire découvrir des morceaux. Et oui, ils sont souvent déjà très connus. J’apporte ma petite pierre au cairn de la démocratisation de la musique classique. Discipline souvent excluante socialement et ça je n’aime pas.

The Philadelphia Orchestra et Yannick Nézet-Séguin

Je ne connaissais pas The Philadelphia Orchestra avant de prendre ma place. C’est un des orchestres américains les plus connus. Il fait parti du très restreint club des Big Five* américains.

Le directeur musical de cette formation est le quadra canadien Yannick Nézet-Séguin, également directeur musical du Metropolitan Opera de New-York. Il est à la tête de l’orchestre depuis presque dix ans. Charismatique, passionné, enthousiaste, travailleur, Yannick Nézet-Séguin est reconnu dans le monde entier. Par sa singularité et sa coolitude, il modernise les codes de la musique classique. En hoodie, débardeur, tatoué, son compte instagram en témoigne au quotidien.

*Big five : l’orchestre philharmonique de New York, l’orchestre symphonique de Boston, l’orchestre symphonique de Chicago, l’orchestre de Philadelphie, l’orchestre de Cleveland.

La 3ème symphonie de Beethoven

Je ne fais pas une étude de la 3ème symphonie de Beethoven, je partage mon ressenti de spectatrice.

Beethoven sait comment commencer ses symphonies. Paf, paf, paf et tu y es ! A l’inverse du prélude de Parsifal où tu as le temps de bien t’installer dans ton fauteuil et de profiter des cordes. Là, en une minute, il t’assoit sur ton siège en appuyant bien fort sur tes épaules et en te disant « Ecoute ! » En un mouvement, tu ne bouges plus, tu es subjugué par la beauté de la musique.

Sourire de plaisir

Plus d’une fois durant le concert, je me suis dit « Nan mais sérieux ?! T’es trop fort. » La 3ème est bouillonnante. Par moments, mon cerveau et mes oreilles n’arrivaient plus à suivre la musique et les sons produits car ça allait beaucoup trop vite. L’assimilation ne se faisait pas. J’aime cette sensation de surprise et de tourbillon.

Cet été, j’ai écouté le podcast Marcel Proust, cousu main, une personne disait « Après avoir lu Proust, qu’est ce qu’on peut bien écrire ? » Je pense la même chose de Beethoven : qu’est-ce qu’on peut bien écrire comme musique après avoir écouté Beethoven ? C’est prodigieux.

L’interprétation de l’orchestre m’a bluffé par la précision des gestes des musiciens. Tout était millimétré et carré. Rien ne dépassait ce qui donnait encore plus d’ampleur à la musique.

Direction énergique

Yannick Nézet-Séguin a mené son orchestre sans partition dans une gestuelle incroyable durant 50 minutes. Avec la baguette rentrée pour donner dans les graves, la baguette en haut pour donner du rythme. Le dynamisme de l’interprétation venait de lui et de sa capacité à tirer le meilleur de ses musiciens. Bravo !

Ce qui m’a le plus surprise dans la direction de Yannick Nézet-Séguin est l’utilisation des silences pour faire de la musique. Entre les mouvements, il a tenu, par un geste de la main, à faire respecter le silence le plus longtemps possible pour que l’on puisse apprécier encore plus la musique. Impressionnée !

Pendant l’écriture de cet article, j’écoute, sur Deezer, la version enregistrée par le Berliner Philharmoniker et je ne retrouve pas cette saccade du concert. Le son (peut-être dû à l’enregistrement) est plus diffus.

Je n’ai pas réussi à trouver une vidéo de la symphonie n°3 par The Philadelphia Orchestra alors je te mets la 5ème et la 6ème de Beethoven interprétées le 12 mars 2020 pour découvrir la virtuosité de l’orchestre.

Exaltant et tonitruant !

Bref, mardi soir, je suis allée voir la 3ème de Beethoven dirigée par Yannick Nézet-Séguin.

Infos pratiques

The Philadelphia Orchestra – Directeur musical : Yannick Nézet-Séguin

site web

Portrait du chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin

Pour en savoir plus, sur le directeur Yannick Nézet-Séguin, une émission Stars du classique, présentée par Aurélie Moreau, lui est consacrée le 29 août 2002 : Yannick Nézet-Séguin, l’énergie et la conviction sur France Musique.

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