Qui dit Nouvel An ! Dit 9ème symphonie de Beethoven à Radio France. C’est une tradition de commencer l’année avec la 9ème symphonie de Beethoven. Symphonie des symphonies avec solistes et chœur. Œuvre de fraternité.

Vendredi soir, j’ai descendu l’avenue du Ranelagh le sourire aux lèvres, direction la Maison de la Radio et de la Musique pour écouter une de mes œuvres préférées : la 9ème symphonie de Beethoven interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par le chef Philippe Herreweghe. Un spécialiste de Bach. Délicat, puissant et très enthousiaste de jouer ce chef d’œuvre en ce début d’année 2023.

Pourquoi la 9ème est une de mes œuvres préférées ?

Au-delà de l’extraordinaire musicalité de l’œuvre, j’adore entendre l’Ode à la joie . Elle me lie avec ma nièce. Un jour, je lui ai dit : « Tiens, je suis allée écouter la 9ème » et elle ma répondu du tac au tac  » Ah génial ! et elle se mit à chanter le premier couplet avec sa voix aiguë d’enfant de dix ans :

« Que la joie qui nous appelle
Nous accueille en sa clarté ! 
Que s’éveille sous son aile
L’allégresse et la beauté ! 

Plus de haine sur la terre
Que renaisse le bonheur. 
Tous les hommes sont des frères
Quand la joie unit les cœurs. »

Ode à la joie

Tous les ans, à Noël, je lui demande de chanter l’Ode. Elle refuse. Après, elle m’envoie un vocal chanté auquel je réponds avec plein de cœurs. Ce poème remanié de Schiller évoque la fraternité. Ce que l’on ressent en écoutant les soixante minutes de la 9ème. Comment rester insensible à cette vibrante musique rythmée par les timbales ? Comment ne pas être touchée par cette immense symphonie ?

La fraternité des peuples

La 9ème symphonie de Beethoven ramène à l’Europe. L’Ode à la Joie a été choisie comme hymne européen. Je n’oublierai pas cette 9ème a la Philharmonie le 31 janvier 2020. Jour officiel de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. A la fin de la représentation, un des spectateurs crie une référence au Brexit. Ce qui est très rare en musique classique. L’individu ne s’exprime pas. On était un peu abattu de voir le Royaume-Uni quitter l’Europe.

Cet automne, j’ai enfin compris pourquoi j’aime tant Beethoven. Hypersensible, bourru avec des excès d’humeur, il voulait que sa musique passe du cœur au cœur. Sans passeur. Quand j’écoute la 9ème, c’est exactement ce que je ressens. Elle me touche directement au cœur. Elle me fait me sentir une parmi un collectif soudé. Elle est le reflet de mes humeurs. Le début est vif et violent et se termine par ce chœur vibrant chantant la fraternité.

« Quand la joie unit les cœurs. »

A la fin du concert, il est rare que je discute avec mes voisins. Là, avec mon voisin de gauche, on a partagé notre joie après ce tourbillon de beauté. Lui, collé à son siège : »Qu’est-ce que c’est beau !« . moi avec un large sourire « Oui, c’est très beau !  » En sortant, une dame chuchote à son mari : « J’ai les yeux humides. » Moi aussi. L’effet Beethoven.

La 9ème symphonie de Beethoven à Radio France
Fragements de la 9ème symphonie autagraphé par Beethoven source Gallica Bnf

Spatialité du son

Pour des raisons diverses, je me suis retrouvée en face de l’orchestre. C’était une nouvelle écoute de la symphonie que je connais par cœur. Je l’ai essoré pendant les confinements. Lors du premier mouvement en fermant les yeux, j’ai pu voir la spatialité du son. J’entendais les aigus des violons sur ma gauche répondre aux graves des altos à ma droite. Impressionnante sensation de voir le son se déplacer dans l’espace.

L’acoustique de l’Auditorium de Radio France

Je vais moins souvent qu’avant à l’Auditorium de Radio France. C’est loin de chez moi. J’ai plus de transport que de temps de concert mais j’aime ce lieu. Petite salle à l’acoustique incroyable. On peut presque toucher les musiciens en allongeant la main. Pour interpréter la 9ème de Beethoven, il faut une centaine de musiciens et une centaine de choristes sur le plateau. Deux cents artistes face à vous pour interpréter cette magistrale œuvre. On aurait aimé être présent à sa création le 7 mai 1824 à Vienne.

L’Orchestre Philharmonique de Radio France

L’Orchestre Philharmonique de Radio France est une des plus grandes formations françaises. Il a été créé en 1937. Son répertoire est très vaste. Le directeur musical est Mikko Franck depuis 2015 et jusqu’en 2025. Le Philhar fait partie avec l’Orchestre National de France des deux ensembles symphoniques de Radio France. Il a été dirigé par les plus grands chefs mondiaux comme Pierre Boulez ou Gustavo Dudamel. A Paris, l’orchestre se produit à l’Auditorium de Radio France et à la Philharmonie de Paris. Ses concerts sont diffusés sur France Musique et pour certains sur arte.tv. Le dernier enregistrement est trois œuvres de Stravinsky : Le Sacre du Printemps, Octuor et Capriccio avec Nathalie Milstein.

Les enregistrements Le Sacre du Printemps et le Boléro par l’orchestre Philharmonique de Radio France sont visibles dans l’article TOP des concerts de musique classique sur YouTube.

Le Philar est mon ensemble préféré. J’ai toujours apprécié les concerts de l’orchestre. Les musiciens et les chefs sont toujours d’un très grands professionnalisme et d’une grande musicalité.

Les prochains concerts de l’Orchestre Philharmonique de Radio France

  • Orchestre Philharmonique de Radio France – Alain Altinoglu – Renaud Capuçon – Stravinsky Le Sacre du Printemps , Maresz : 3 mars 2023 – Philharmonie de Paris
  • Orchestre Philharmonique de Radio France Boléro de Ravel, Kent Nagano : vendredi 10 mars 2023
  • Orchestre Philharmonique de Radio France STRAVINSKY, SYMPHONIE DE PSAUMES / BARBARA HANNIGAN : vendredi 7 avril 2023

Infos pratiques

Si tu as envie d’écouter le concert 9ème symphonie de Beethoven, il est disponible sur le site de France Musique et de Radio France. 

L’émission Autant on emporte l’histoire présentée par Stéphanie Duncan, le samedi sur France Inter commence l’année avec une émission consacrée à Beethoven et à sa surdité. L’invitée est Elisabeth Brisson, historienne.

Le site de l’Orchestre Philharmonique de Radio France

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