SPOILER ALERT : cet article est tout sauf objectif ! Je suis une grande fan du travail de Florence Aubenas. Je suis le travail de la journaliste depuis 2005. Comme beaucoup de français, je l’ai découvert au moment de son enlèvement en Irak. J’ai lu Le Quai de Ouistreham. Aujourd’hui, je lis très souvent ses articles dans Le Monde. Quand je suis tombée sur L’inconnu de la poste de Florence Aubenas en livre d’occasion, je me suis précipitée pour l’acheter.

L’enquête

Florence Aubenas enquête sur le meurtre de Florence Burgod enceinte, le 19 décembre 2008, dans la petite Poste de Montréal-la-Cluse au bord du Lac de Nantua. Elle a été tuée de vingt-huit coups de couteau.

Une des spécialités de l’auteure est de décrire le fonctionnement de la justice et ses conséquences sur des inconnus. Après avoir écrit sur le procès d’Outreau (non lu), elle le fait très bien dans celui-ci. Elle explique les investigations, les interrogatoires, les pistes fumeuses ou non, le rôle des avocats et des juges. Elle montre avec ses mots choisis comment la justice fonctionne (ou non) au quotidien et les répercussion sur les proches de la victime sur ceux qui sont soupçonnés d’être

Ce fait divers est particulier au-delà de la violence sur un agent du service public, c’est la présence à quelques mètres de la Poste de l’acteur : Gérald Thomassin. Il a connu un grand succès dans son adolescence avec un rôle dans Le petit criminel et a reçu en 1991, le César du meilleur espoir masculin. Entre deux tournages, il vit en marge de la société.

Dans l’inconnu de la poste, Florence Aubenas montre comme dans nombre de ses articles, la France des anonymes. Elle a été à la rencontre de tous ceux qui ont voulu lui parler. Elle a retranscri ses rencontres au fil du récit en apportant son regard sur des détails. Elle croque les protagonistes en leur laissant leur humanité.

Elle travaille à hauteur d’homme. Elle n’est jamais hautaine, ni condescendante. Elle se fond dans le paysage pour donner à voir ce qu’elle voit et capte de tangible et d’intangible. On l’imagine passer des heures à discuter au café, dans la rue. Elle va vers chacun sans apriori.

Je suis admiratrice de son travail.

Vous avez envie de le lire ? Vous l’avez lu et aimé ?

L'inconnu de la poste Florence Aubenas
L’inconnu de la poste – Florence Aubenas

Résumé de la maison d’édition

« La première fois que j’ai entendu parler de Thomassin, c’était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d’acteur. Elle m’avait montré quelques-unes des lettres qu’il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n’aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n’écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l’assassinat d’une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. »

F. A.

Le village, c’est Montréal-la-Cluse. La victime, c’est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l’histoire d’un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes – tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l’enquête policière, L’Inconnu de la poste est le portrait d’une France que l’on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d’entre eux la dignité d’un destin.

Florence Aubenas est grand reporter au journal Le Monde. Elle a notamment publié La Méprise : l’affaire d’Outreau (Seuil, 2005) et Le Quai de Ouistreham (L’Olivier, 2010), qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d’immersion.

L’inconnu de la poste de Florence Aubenas aux éditions Editions de l’Olivier

Florence Aubenas dans A voix nue – le 19 avril 2021

Faits divers sur le blog