Un dimanche matin – Johanne Rigoulot

Aujourd’hui, je vous présente un récit intime recommandé par Patricia Martin Un dimanche matin – Johanne Rigoulot.

Un dimanche matin - Johanne Rigoulot
Un dimanche matin – Johanne Rigoulot

A LIRE : Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie

Le Masque et la Plume

J’ai un rituel le dimanche soir. J’écoute la mythique émission de France Inter : Le Masque et la Plume animée par Jérôme Garcin.

Le Masque et la Plume créé en 1955 est la plus vieille émission de radio. Quatre chroniqueurs autour de l’animateur critiquent les livres sortis.

Dans une émission récente du Masque (pour les intimes), les chroniqueurs ont critiqué le dernier livre de Bruno de Stabenrath : L’Ami impossible. L’auteur raconte son amitié avec Xavier Dupont de Ligonnès. Dans sa critique, Patricia Martin fait un pont avec Un dimanche matin de Johanne Rigoulot. En l’écoutant, j’ai eu envie de lire celui-ci et pas forcément L’Ami impossible.

Vous avez lu l’enquête de cet été de Society sur l’affaire Dupont de Ligonnès ? Passionnante, un roman !

Choc

Un dimanche matin de 2004, le cousin de Johanne Rigoulot tue sa femme. L’autrice raconte le tsunami que ce drame provoque en elle et dans sa famille. Quelles sont les conséquences pour les proches ? Comment vivre avec ce cousin assassin en prison et sa belle sœur décédée ?

Les attentats de novembre 2015 et la perte d’un de ses amis, font sortir Johanne Rigoulot de son silence. Elle a besoin d’écrire ce récit, de raconter son histoire.

Ce récit est très intéressant, c’est le point de vue de l’auteure. Nous avons rarement le récit d’un proche. Des livres comme L’Adversaire d’Emmanuel Carrère se concentrent sur l’assassin et sa psychologie. L’enquête de Society effleurait les conséquences sur les proches. Les auteurs expliquaient les tourments des amis de Xavier Dupont de Ligonnès après la découverte macabre. Ils ne s’en sont jamais remis d’avoir été trompés par leur ami.

Pour revenir au livre Un dimanche matin, Johanne Rigoulot cherche des explications dans l’enfance et l’éducation de son cousin Pierre pour essayer de comprendre. Son mariage avec Katia, la naissance des enfants, la construction de la maison sur un terrain en pente. Les travaux à réaliser et son incessant mal de dos. 

Johanne Rigoulot détaille les conséquences du drame sur sa vie. Les lettres échangées avec son cousin, la découverte de la justice, des procès et de la prison. De ce temps consacré à aller rendre visite à son cousin. De la pression de sa tante pour continuer à entretenir le lien. Des réactions de son entourage quand elle raconte son histoire.

L’incompréhension irrigue le récit. Son cousin a pris 30 ans de prison, ce qui montre la violence exercée pour tuer sa femme et son attitude après le meutre. La dissimulation et le mensonge. Le motif serait des coussins.

Ce féminicide appelle un autre féminicide médiatique : l’affaire Jonathann Daval dont le verdict a eu lieu fin novembre 2020. Beaucoup de similitudes entre les deux : une séparation prévue, le passage à l’acte, la dissimulation, le mensonge… Pourquoi ces hommes n’acceptent-ils pas d’être quittés et tuent ?

Dans le récit de Johanne Rigoulot, chaque mot est choisi. Rien n’est superflu. L’écriture est fluide. Ce livre est court mais glaçant. Il raconte l’horreur dans le banal de nos vies. Ce tueur peut être notre frère, notre père, un de nos amis,…

En France, plus d’une centaine de femmes se font tuer par leur compagnon chaque année.

Je vous recommande ce livre utile.

Vous avez envie de le lire ? Vous l’avez lu ?

Résumé de la maison d’édition

« C’est un fait divers comme la France en compte des centaines chaque année. Quand j’évoque « mon cousin condamné pour le meurtre de sa femme », je m’étonne de la surprise des gens. Les crimes et délits saturent les journaux et nourrissent nos imaginaires. Ils doivent bien trouver leur réalité quelque part. Elle est la mienne et celle de ma famille depuis ce soir de juillet 2004.

Pierre a tué un dimanche matin avant de cacher le cadavre de sa victime. Trois jours plus tard, l’affaire envahissait nos vies.
La famille est un organisme vivant. Qu’un seul élément l’intoxique et le corps entier entre en lutte. »
J.R.

Un dimanche matin – Johanne Rigoulot aux éditions Pocket

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